Running Man

8.3
2010 1 saison En cours

Synopsis

Les présentateurs de l'émission sont au nombre de 7, ils affrontent seul ou ensemble les invités afin de gagner la « course finale » et de gagner des « Running Ball ». Ces dernières sont utiles pour éviter tout genre de punitions qui varient selon les épisodes. Les présentateurs sont la plupart du temps mélangés avec les invités pour rendre les défis plus équitables étant donné que les présentateurs connaissent déjà à l'avance certains jeux contrairement aux invités.

Notre avis

Dans le paysage effervescent de la télévision mondiale, rares sont les programmes qui parviennent à traverser les décennies, à se réinventer sans cesse, et à captiver un public toujours plus vaste, bien au-delà de leurs frontières originelles. "Running Man", ce mastodonte coréen né en 2010, est de ceux-là. Plus qu'une simple émission de divertissement, c'est un phénomène culturel, une institution télévisuelle qui a su ériger le jeu, la camaraderie et l'hilarité en un art de vivre télévisuel. Préparez-vous à plonger dans l'univers frénétique et incroyablement attachant de cette série qui, après plus d'une décennie, continue de courir, sans jamais s'essouffler.

Le concept de "Running Man" est d'une simplicité désarmante, mais sa mise en œuvre est un chef-d'œuvre de créativité et d'ingéniosité. L'idée centrale est celle d'une "course" – qu'elle soit physique, intellectuelle ou stratégique – où une équipe de présentateurs permanents et leurs invités s'affrontent à travers une série de missions et de jeux, le tout culminant généralement par une "course finale" emblématique. L'objectif ultime est de collecter des "Running Balls", précieux sésames permettant d'échapper à des punitions souvent hilarantes. Ce qui distingue "Running Man" et le propulse bien au-delà des autres émissions de variétés, c'est cette alchimie parfaite entre compétition acharnée et comédie pure. Le programme ne se contente pas de poser des défis ; il crée un terrain de jeu où les personnalités s'entrechoquent, les alliances se forment et se brisent, et l'imprévu règne en maître. Il a su, avec une maestria inégalée, fusionner l'action physique trépidante des jeux de poursuite avec l'humour incisif et les dynamiques de groupe complexes, offrant ainsi une formule unique et indémodable qui a inspiré d'innombrables imitations à travers le monde, sans jamais être égalée.

La construction narrative de "Running Man", bien que s'inscrivant dans le genre du "reality show", est étonnamment robuste et évolutive, ce qui est une prouesse pour une série de cette longévité. Chaque épisode est une aventure autonome, une histoire complète en soi, avec son propre arc narratif : une introduction des missions, un développement des défis menant à des rebondissements inattendus, et une conclusion épique lors de la course finale ou du dénouement du jeu principal. Le rythme est effréné, ne laissant jamais le spectateur s'ennuyer, même sur des épisodes d'une durée généreuse de 85 minutes. Mais au-delà de cette structure épisodique, "Running Man" a su bâtir une "méta-narrative" invisible mais palpable au fil des saisons. Les règles du jeu, les types de missions, les lieux et même les dynamiques d'équipe ont constamment évolué pour maintenir la fraîcheur et éviter la redondance. On a vu le show passer des célèbres "chasses aux porte-noms" dans des centres commerciaux déserts à des jeux de rôle complexes, des épreuves de logique, des défis culinaires, et des voyages internationaux. Cette capacité à se réinventer, à introduire de nouvelles mécaniques sans jamais trahir son essence comique et compétitive, est la clé de sa longévité et de son succès continu. L'émission tisse également des arcs narratifs plus subtils, liés aux rivalités amicales entre les membres du casting, à leurs "personnages" récurrents et à l'évolution de leurs relations, donnant une profondeur inattendue à ce qui pourrait n'être qu'une succession de jeux.

Le cœur battant de "Running Man" réside incontestablement dans ses performances et l'alchimie extraordinaire de ses personnages, qui sont bien plus que de simples présentateurs ou participants. Au fil des années, Yoo Jae-suk, Ji Suk-jin, Kim Jong-kook, HaHa, Song Ji-hyo, Lee Kwang-soo, et plus récemment Yang Se-chan et Jeon So-min, ont transcendé leurs rôles pour devenir des figures emblématiques, presque mythiques, du divertissement coréen. Chacun a développé une "persona" distinctive, un archétype comique qui contribue à la richesse des interactions : Yoo Jae-suk, le "MC national" et leader charismatique ; Kim Jong-kook, le "Commandant" musclé et redoutable ; Ji Suk-jin, le "Big Nose Hyung" souvent malchanceux mais attachant ; HaHa, l'éternel enfant farceur ; Song Ji-hyo, l'"Ace" imprévisible et la "Blank Ji" aux réactions décalées ; Lee Kwang-soo, la "Giraffe" et "Prince de la Trahison", maître du chaos et de l'humour absurde. L'arrivée de Yang Se-chan et Jeon So-min a insufflé un nouveau souffle, avec leur énergie débordante et leurs personnalités uniques, s'intégrant parfaitement à la famille existante tout en créant de nouvelles dynamiques hilarantes. L'évolution de ces personnages n'est pas linéaire, elle est organique, façonnée par les victoires, les défaites, les trahisons et les moments de solidarité. C'est cette authenticité dans leurs interactions, cette capacité à se montrer vulnérables, drôles, compétitifs et profondément humains qui forge un lien indéfectible avec le public. L'alchimie entre eux est palpable, une véritable synergie qui transforme chaque épisode en une réunion de famille chaotique et joyeuse, où les blagues fusent et l'affection transparaît même au milieu des rivalités les plus féroces. Leurs interprétations, à la fois spontanées et affûtées par des années de collaboration, sont la pierre angulaire de la réussite de la série, transformant de simples jeux en des scènes mémorables d'humour et d'émotion.

La réalisation et la production de "Running Man" sont des éléments souvent sous-estimés mais cruciaux de son succès. La qualité visuelle est constamment impressionnante, avec une équipe de tournage qui manie les caméras avec une agilité remarquable, capturant chaque moment d'action, chaque expression faciale, chaque chute comique avec une précision chirurgicale. L'utilisation de multiples caméras, y compris des drones pour les vues aériennes spectaculaires et des caméras embarquées, offre une immersion totale dans l'action. Le montage est un véritable tour de force, rapide et dynamique, capable de suivre plusieurs intrigues en parallèle, de superposer des effets comiques et des ralentis dramatiques, et de maintenir une tension constante ou de souligner l'hilarité d'une situation. Les lieux de tournage sont variés et souvent spectaculaires, allant de monuments historiques à des parcs d'attractions, des centres commerciaux géants à des paysages naturels à couper le souffle, démontrant une ambition logistique considérable. La musique et l'atmosphère sonore jouent un rôle primordial. La bande-son est éclectique, mêlant des morceaux iconiques de films d'action ou de jeux vidéo à des musiques originales entraînantes, toujours choisies pour amplifier l'émotion du moment, qu'il s'agisse de suspense, de comédie ou de triomphe. Les effets sonores, souvent exagérés, ajoutent une couche supplémentaire de comédie, soulignant les gags physiques et les réactions des participants. Cette production soignée et inventive est le cadre parfait pour les exploits et les pitreries du casting, élevant le show bien au-delà du simple divertissement pour en faire une véritable expérience sensorielle.

Au final, "Running Man" est bien plus qu'une série de divertissement ; c'est une saga, un panthéon de l'humour et de l'ingéniosité humaine. C'est la série idéale pour quiconque cherche à rire aux éclats, à s'émouvoir, et à découvrir une facette authentique et hilarante de la culture coréenne. Avec ses 787 épisodes et son statut "en cours", l'engagement est colossal, mais chaque minute est une récompense. On peut la picorer au gré de ses envies ou se lancer dans un marathon épique. "Running Man" est une expérience télévisuelle qui marque les esprits et réchauffe les cœurs. Accrochez-vous, la course est loin d'être terminée, et elle vaut chaque foulée. Ma note finale est un éclatant **9/10**. Foncez !

Retour en haut