Une New-Yorkaise au cœur brisé déménage à Londres dans l'espoir de vivre une grande histoire d'amour... mais elle craque pour un musicien indé tout sauf romantique.
Synopsis
Notre avis
Notre verdict
« Too Much » se présente comme une exploration contemporaine de l'amour et de la solitude, portée par la vision distinctive de Lena Dunham. Cette comédie dramatique, malgré un casting prometteur et des éclairs de génie, peine à maintenir une trajectoire cohérente, nous laissant avec un sentiment d'inachevé. Elle s'adresse aux spectateurs en quête de récits non conventionnels et d'humour parfois grinçant, capables d'apprécier une œuvre audacieuse malgré ses aspérités. Une tentative courageuse mais qui échoue à pleinement concrétiser son potentiel.
Le concept
La série nous plonge dans l'univers de Jessica (Megan Stalter), une New-Yorkaise au cœur brisé qui s'exile à Londres, espérant y trouver un nouveau départ amoureux. L'originalité de « Too Much » réside dans sa volonté de démythifier la romance, en confrontant les idéaux hollywoodiens aux réalités souvent chaotiques des relations modernes. La série, co-créée par Lena Dunham, porte indéniablement sa marque de fabrique : une exploration sans filtre des angoisses féminines, de la sexualité et de la quête d'identité, rappelant par moments l'esprit de « Girls » mais avec une sensibilité britannique distincte. Le concept promettait une immersion honnête et parfois inconfortable dans le quotidien d'une trentenaire en quête de sens, loin des conventions narratives habituelles.
L'intrigue
L'intrigue de « Too Much » suit Jessica à travers ses rencontres, ses désillusions et ses tentatives maladroites de tisser des liens à Londres, notamment avec Felix (Will Sharpe), un musicien indépendant. La construction narrative s'appuie sur une succession d'événements qui, bien que parfois drôles ou émouvants, manquent d'une véritable colonne vertébrale. Le rythme est fluctuant, alternant des épisodes où l'on ressent une véritable avancée émotionnelle avec d'autres qui semblent stagner, voire tourner en rond. Cette inconstance rend difficile l'investissement total dans l'arc dramatique principal. La tension, bien que présente dans les dynamiques relationnelles, ne parvient pas toujours à se cristalliser en un enjeu captivant sur la durée des dix épisodes, laissant parfois le spectateur en attente d'une résolution ou d'une direction plus définie.
Les personnages
Megan Stalter livre une performance remarquable en Jessica, incarnant avec brio la complexité d'une femme à la fois vulnérable, agaçante et profondément attachante. Son timing comique est impeccable, et sa capacité à naviguer entre l'humour et le drame est l'un des piliers de la série. Will Sharpe, en Felix, est son parfait contrepoint, offrant une prestation subtile et pleine de nuances qui enrichit leur alchimie. Le casting secondaire est un véritable atout, avec des talents comme Richard E. Grant, Stephen Fry, Rhea Perlman et Adèle Exarchopoulos, qui apportent chacun une touche unique et mémorable. Cependant, malgré ces performances solides, certains personnages secondaires manquent d'un développement suffisant, et leur potentiel n'est pas toujours pleinement exploité, diluant parfois l'impact global de l'ensemble.
En résumé
« Too Much » est une série qui, malgré ses bonnes intentions et un potentiel évident, se perd malheureusement dans son propre cheminement. Ses points forts résident indéniablement dans la justesse de ses interprétations, l'audace de son propos sur les relations contemporaines et son humour décalé. Cependant, un rythme irrégulier et un manque de clarté narrative l'empêchent d'atteindre les sommets espérés. Elle saura séduire les inconditionnels de Lena Dunham et ceux qui apprécient les comédies dramatiques introspectives, même si elles s'avèrent imparfaites. Au final, « Too Much » reste une expérience singulière, qui, malgré ses défauts, parvient à laisser une empreinte par son authenticité brute.